Le Hamas et le gouvernement israélien viennent de conclure un accord historique, en vue de l’échange du soldat israélien Shalit contre 1 027 prisonniers politiques palestiniens. S’il faut rester prudent, car de précédents accords n’ont pas abouti, on ne peut que se réjouir que Gilad Shalit et ces prisonniers politiques palestiniens puissent enfin retrouver leurs familles. Si l’accord aboutit, ce sont 450 détenus condamnés à de longues peines (plus de quarante ans ou la perpétuité) dont les 27 femmes détenues dans les geôles israéliennes qui seront relâchés. C’est un pas important réalisé de chaque côté pour la justice et la dignité humaine. C’est une petite pierre posée sur le chemin de la paix, chemin qui reste encore très long !
Rappelons en effet que les prisonniers politiques palestiniens ne sont pas des terroristes ni des criminels de droit commun : ce sont des hommes et des femmes, très jeunes pour la plupart, qui se sont levés contre le sort inacceptable fait à la Palestine et aux Palestiniens et ont, pour cela et pour cela seul, été arrêtés par les autorités israéliennes. Leur libération n’est donc que justice.
A cette heure, nous avons une très forte pensée, pour notre jeune compatriote Salah Hamouri, toujours emprisonné et mis à l’isolement depuis dimanche dernier, juste car il a entamé une grève de la faim avec de nombreux co-détenus pour protester contre le durcissement des conditions d’enfermement appelés loi Shalit. Mais si Shalit est libéré, ce que nous espérons vraiment, alors les lois qui portent son nom doivent être abrogés ! Et Salah doit retrouver les siens le plus rapidement possible, en tout cas pas au delà du 28 novembre, jour de la fin de sa peine.
Ne nous faisons toutefois pas d’illusions : si cet accord aboutit maintenant, le contexte n’y est pas pour rien ! Le gouvernement israélien aurait pu négocier depuis des années déjà ! S’il ne le fait que maintenant, c’est clairement pour déstabiliser l’Autorité palestinienne et freiner autant qu’il le peut le projet de reconnaissance de l’État palestinien à l’ONU, projet dont Netanyahou ne veut absolument pas !
La droite israélienne au pouvoir préfère remettre en selle le Hamas plutôt que d’affronter à l’ONU la mobilisation internationale pour la reconnaissance d’un État palestinien. C’est que le contexte international a pesé lourd aussi. Les peuples se mobilisent massivement pour la reconnaissance de l’État palestinien dans le cadre de la proposition initiée par l’Autorité palestinienne en direction de l’ONU. La France doit d’ailleurs se positionner maintenant clairement et dire qu’elle votera OUI à la demande d’adhésion de la Palestine à l’ONU.
Plus que jamais, cette voie reste la seule qui puisse conduire à la paix. Cela passe également par la destruction du mur de la honte, par le démantèlement des colonies au moment même où Netanyahou parle de leur extension. Enfin, c’est bien l’ensemble des prisonniers politiques qu’il s’agit de libérer. A priori, un certain nombre de chefs politiques ne seraient pas concernés par cet accord, à commencer par Marwan Barghouti, homme politique de première importance, facteur d’unité et de paix, pour lequel la JC a lancé une bataille nationale. Nous le regrettons vivement car, dans la période, la Palestine a besoin d’hommes et de femmes politiques qui puissent unifier le peuple pour mener une lutte pacifique mais déterminée pour la reconnaissance d’un État palestinien et la possibilité de l’administrer librement. Marwan, figure de proue de la seconde intifada, éminent dirigeant du Fatah, est clairement un de ceux-là !
Sa libération est impérative en vue d’une paix juste et durable. Alors, continuons le combat pour libérer Marwan mais également notre jeune compatriote Salah Hamouri ainsi que tous les prisonniers politiques. Liberté pour les Palestiniens, libre Palestine !