Fin novembre les deux candidats en lice aux élections présidentielles ont tout deux proclamé leur victoire alors qu’aucun des observateurs internationaux n’a pu s’assurer de la pleine validité du processus. Le camp Gbagbo du président sortant est aujourd’hui isolé de la communauté internationale, conséquence directe de son entêtement à vouloir garder par tous les moyens le pouvoir, jusqu’à ouvrir le feu sur la foule. Alassane Ouattara et ses partisans vivent reclus dans un hôtel de la capitale mais maintiennent la pression sur Gbagbo par le soutien des « forces nouvelles », faction armée qui contrôle plus de la moitié du pays.
Depuis la fin du mois de novembre, des dizaines de victimes sont à déplorer et d’innombrables viols des droits de l’Homme ont été constatés par les observateurs internationaux. Ce qui doit primer est la sécurité et l’avenir d’un peuple ivoirien déjà fragilisé par une décennie de guerre civile. La France doit prendre la mesure de ses responsabilités en œuvrant à ce que l’Union Européenne soutienne activement la mission de sécurité de l’ONUCI : s’interposer entre les deux camps armés sans intervenir dans le processus politique. Le recours à la force pour mettre fin au conflit ajoutera, à terme, au chaos qui frappe le pays depuis des années et pâtirait en premier lieu, à la population.
On ne peut que s’interroger, une fois de plus, sur le rôle de la déconstruction coloniale de l’organisation traditionnelle de la société dans les récents événements.
Assurons-nous que jamais la défense des intérêts politiques ne se fasse contre l’intérêt d’un peuple !