Europe forteresse : la solidarité reste à la porte...

Alors que le gouvernement français et l’UMP ne cessent de chasser sur les terres du Front National, du discours de Grenoble à la loi Besson en passant par la traque des Roms, Nicolas Sarkozy et Silvio Berlusconi se sont mis d’accord aujourd’hui pour renforcer l’Europe forteresse.
Autoproclamé défenseur des révolutions – après avoir retourné sa veste seulement au moment où il fut clair que le soutien à ses amis Ben Ali et Kadhafi provoquerait un tollé – la solidarité de notre Président vis-à-vis des peuples qui se battent pour leur liberté et leur dignité s’arrête là où commence l’immigration. La libre circulation quant à elle s’arrête à celle des capitaux. Ceux des grandes entreprises d’Europe qui s’accaparent les richesses des pays et des peuples ou ceux des amis du Fouquet’s (bien souvent les mêmes) qui peuvent en toute tranquillité mettre leur fortune à l’abri de cette solidarité qu’est l’impôt. Mais que les hommes circulent librement… hors de question répondent en chœur les dirigeants français et italiens sur fond de négociation du soutien des premiers aux seconds pour leur candidature à la Banque Centrale Européenne.
Ainsi, aux peuples privés de leurs droits et de leurs richesses pendant des décennies, les pays européens s’apprêtent à répondre par la fermeture de toutes les frontières (extérieures et intérieures) et par le renvoi massif des migrants dans des pays dont ils ont soutenu les dictatures et les pillages.
Nous jeunes communistes de France dénonçons avec force les positions de N. Sarkozy et S. Berlusconi qui souhaitent « examiner la possibilité de rétablir temporairement le contrôle aux frontières intérieures » et renforcer la surveillance des frontières extérieures menées par l’agence Frontex. Nous réaffirmons notre solidarité avec tous les peuples qui se soulèvent contre leurs oppresseurs et avec tous les migrants privés de droits et de papiers, pour lesquels nous exigeons la régularisation sans conditions.
Nous appelons, au nom de la justice et de la fraternité, à participer aux manifestations du 28 mai à l’appel du collectif « D’ailleurs, nous sommes d’ici » contre le racisme, les politiques du gouvernement sur l’immigration et pour la régularisation de tous les sans papiers.