Le printemps arabe a créé une vague de contestation qui aboutit sur des mouvements populaires dans toute la région. Depuis maintenant plusieurs semaines, des manifestations ont lieu tous les vendredis sur la place Tahrir à Bagdad. Le mouvement porté par la jeunesse réclame un changement profond de la politique du gouvernement, un arrêt de la corruption dans les institutions, des services publics de qualité et enfin une vie digne et la justice sociale pour chaque Irakien.
Au lieu d’écouter la rue et ses revendications, le gouvernement de Nouri Al Maliki s’entête à utiliser les mêmes outils de répression du mouvement politique et syndical que la dictature de Saddam Hussein. Depuis le mois de mars, celui-ci a tenté d’expulser le Parti communiste irakien de son comité central dans le centre de Bagdad, cette attaque est une première contre le PCI depuis la chute de la dictature, elle est le résultat du soutien inconditionnel des communistes et de leur journal Tariq al-shahab (le chemin du peuple) au mouvement populaire. Le gouvernement ne s’est pas arrêté là, la seconde attaque est menée contre la classe ouvrière et son syndicat principal, la Fédération générale des travailleurs irakiens (GFIW, en anglais). La centrale syndicale subit une attaque ultraréactionnaire visant à casser le syndicat. En émettant deux décrets, qui sont complètement illégaux du point de vue du droit travail international et de la constitution irakienne, et dont le contenu est la destitution du bureau exécutif du syndicat, un pilotage interministériel des élections syndicales et un appel du gouvernement à créer des « contre-syndicats » en dehors des structures de la Fédération.
La jeunesse qui porte fièrement le mouvement est en première ligne face à la répression, en effet, le vendredi 27 mai 2011, quatre jeunes manifestants ont été arrêtés par les forces gouvernementales, Jihad Jalil, Ali Abdul-Khaliq Al-Jaf, Mouayad Faisal Al-Tayyeb, Ahmed Alaa al-Baghdadi. Ceci est contraire à la liberté d’expression et aux droits du peuple à manifester pacifiquement. L’Union générale des étudiants de la République d’Irak (GUSIR) et la Fédération de la jeunesse démocratique irakienne (IDYF) appellent à un soutien international pour la libération pour des quatre manifestants.
D’après Robert Gates, secrétaire à la Défense des États-Unis, l’Irak serait devenu « un modèle de démocratie pour toute la région ». Le modèle de démocratie défendu par les forces impérialistes est celui des attaques contre les peuples et la jeunesse qui s’unissent pour améliorer leurs conditions d’existence et en finir avec le pillage des richesses du pays. Le Mouvement Jeunes communistes de France est très inquiet des mesures répressives et réactionnaires portées contre les communistes et progressistes d’Irak qui rappellent les pratiques nauséabondes de l’ancien régime sanguinaire. Le MJCF est solidaire du mouvement populaire irakien et appelle à la libération immédiate des quatre jeunes manifestants, un arrêt des agressions anti-communistes et antisyndicales en Irak et enfin la mise en place des revendications de la population !