Le peuple turc a assisté bien malgré lui à une pièce de théâtre électorale, une tragicomédie au goût amer pour la démocratie dans ce pays et pour l’émancipation du peuple kurde.
La commission électorale (YSK) avait décidé d’invalider plusieurs dépôts de candidatures dont 12 du parti kurde, BDP (parti pour la démocratie et la paix) et 41 du parti ÖDP (parti pour la liberté et la solidarité). Ces décisions devaient avoir un rôle important, car les 12 candidats du parti kurde étaient tous quasiment assurés d’être élus et même réélus. Les invalidations qui touchaient ÖDP, auraient entraîné l’impossibilité pour lui de se présenter en tant que parti, le quorum du nombre de candidatures n’étant alors pas atteint.
Cet attentat contre la démocratie et contre la construction d’une paix durable au Kurdistan a provoqué un tollé dans le pays, des émeutes ayant éclaté dans toutes les villes de l’est de la Turquie, si bien que tel un sinistre Tartuffe, la commission a dû faire marche arrière.
Alors que le pays n’a jamais été aussi riche et les inégalités aussi grandes, cet épisode en dit long sur le climat dans lequel vont se dérouler les élections législatives de juin prochain.
Symbole de l’absurdité : tandis que les lycéens turcs se mobilisaient de leur côté contre une réforme de l’enseignement supérieur, le premier ministre Recep Tayip Erdogan a déclaré : « si 2000 jeunes manifestent dans les rues, eh bien nous en mettrons 10 000 en face ! »
Nous prenons le contrepied de ces propos et des pratiques de ce gouvernement de plus en plus autocratique. Le Mouvement jeunes communistes de France soutiendra partout l’aspiration des peuples à vivre libres et dignement !
Nous serons toujours vigilants à l’aspiration pour une paix juste et durable et pour le respect de la démocratie en Turquie.