
Alors que les jeunes populaires et leur ministre, Luc Chatel, se félicite du bilan de l’inspection général sur la mise en œuvre de la réforme des lycées, les signaux d’alertes se multiplient.
L’autonomie des établissements, exaltée par le gouvernement, a des conséquences directes sur le creusement des inégalités. Le rapport montre ainsi que l’offre de formation est complètement disparate d’un lycée à l’autre, que les possibilités de poursuites d’études lorsqu’un enseignement d’exploration aboutit effectivement sur une vocation ne sont pas toujours assurées, sans compter que dans nombre de cas les stratégies individuelles sont bienvenues pour réellement s’assurer un parcours de « réussite ». Et ce ne sont là que des exemples, il y en a d’autres. Entre autre, l’accompagnement personnalisé - dont le contenu n’est pas cadré nationalement (activités de soutien, d’orientation ou d’approfondissement selon les lycées) – produit selon le rapport « Dans un lycée où la pression des familles et des élèves va dans le sens de l’approfondissement […] le risque d’un retour en arrière pour les élèves les plus fragiles ». Rappelons aussi que les inégalités se creusent nécessairement lorsque certains approfondissent leurs connaissances alors que d’autres apprennent à s’orienter en fonction de leurs compétences.
Rappelons surtout au gouvernement que la purge budgétaire ne va pas dans le sens du progrès. Le besoin de formation des professeurs, notamment pédagogique, est mis en avant à plusieurs reprises. Pourtant, elle a été quasiment anéantie par la réforme de « masterisation » qui condamne à mort les IUFM, elle aussi menée par le gouvernement. Les 16 000 nouvelles suppressions de postes annoncées pour la rentrée prochaine ne feront, quant à elles qu’amplifier les inégalités avec des classes surchargées, des formations plus éloignées, des profs moins bien formés.
Ainsi nous appelons tous les jeunes de France à rappeler au gouvernement le 19 mars que, non, l’éducation n’est pas une marchandise, que le lycée n’est pas une entreprise. Nous ne voulons ni de concurrence ni de compétitivité mais l’égalité et la qualité pour tous !