Apprentissage : garantir l’emploi plutôt que subventionner le patronat ! 

Après avoir massivement subventionné l’apprentissage, le gouvernement entame sa marche arrière. En annonçant aujourd’hui de nouvelles coupes dans les aides à l’embauche d’apprentis, il montre l’inefficacité de sa politique  et l’absence de vision claire. 

La fin de l’âge d’or !

Entre 2018 et 2024, le nombre d’apprentis est passé de 436.000 à plus d’1 million. Dans le même temps, les dépenses publiques consacrées à l’apprentissage ont fortement augmenté, passant de 6.1 Milliard d’euros en 2018 à 14.9 milliards en 2023. Témoignage d’un modèle de formation pleinement dépendant à l’argent public. Pour autant, cette progression s’est faite sans organisation des débouchés professionnels !

La récente hausse du chômage des jeunes en est une nouvelle illustration ! Selon l’Insee, 16% des 15-29 ans sont aujourd’hui sans emploi, symbolisant les difficultés d’insertion professionnelle. Ces chiffres confirment l’impasse des politiques qui subventionnent les entreprises sans garantir de débouchés.

Aujourd’hui, cette baisse des aides continue, afin d’atteindre 200 millions d’économies en 2026, 700 millions en 2027. Cette diminution ne concernera pas les jeunes préparant un CAP, un BEP ou un BAC, dont l’aide à l’embauche est stable. Elle touchera uniquement les diplômes en BTS, avec une diminution de 500€ de l’aide, et ceux en Master ou diplôme d’ingénieur, avec une baisse variant entre 1250€ et 3000€ selon la taille de l’entreprise. Le choix est clair : favoriser très largement les formations courtes et peu qualifiantes, pour répondre aux besoins immédiats et locaux du patronat ! 

Un constat d’échec

Ce recul s’explique par un constat : celui de l’absence de garantie d’emplois pour les jeunes, malgré les politiques massives de subventions. Pour autant, cet échec est ciblé. Il vise en premier lieu les formations diplômantes,là ou à À l’inverse, les subventions continuent pour les formations les moins qualifiées, ou se retrouvent en majorité les jeunes issus des milieux populaires.

Le gouvernement, sans grande stratégie, cherche donc à faire correspondre le temps de la formation sur celui de l’emploi, à adapter l’offre de formation aux besoins du patronat local. Dans un contexte d’austérité budgétaire, le gouvernement restreint ses financements à ce qui sert les intérêts immédiats du patronat, au détriment de l’intérêt de long terme des jeunes.

Planifier l’emploi, et la formation des jeunes

Le MJCF porte au contraire une vision tout autre de la formation professionnelle. Car la situation est paradoxale, il n’y a aucune planification et pourtant, des besoins sont identifiés: la transition écologique, la rénovation énergétique, les transports ou même la production industrielle nécessiteront des centaines de milliers d’emplois à l’avenir.

C’est tout l’enjeu de la Campagne 1 Million d’emplois que porte le MJCF : anticiper les créations d’emplois nécessaires, financer des formations de qualité et diplômantes de qualité pour y répondre. 

Le tout, sans laisser aux capitalistes la main sur ces formations, et sur nos emplois. Sécuriser la vie et la formation des jeunes pour les soustraire à l’instabilité permanente organisée par le marché.