Canicule : des décennies d’inaction gouvernementales mise en accusation

La France sort tout juste d’une canicule exceptionnelle au regard des relevés météorologiques historiques que ce soit par sa précocité ou son intensité, dépassant les 40°C dès le mois de juin. Le mercredi 24 juin a été  ainsi la journée la plus chaude jamais enregistrée à l’échelle du pays.

Le bilan humain, encore provisoire, est déjà impressionnant, faisant état d’environ 1000 décès supplémentaires, des gens morts par noyade en tentant de se rafraîchir, par déshydratation, par hyperthermie dans une bouilloire thermique, à l’inverse dans la rue sans possibilité de se mettre à l’abri de la chaleur ou encore au travail. À cela s’ajoutent de nombreuses personnes hospitalisées, des urgences et des morgues qui saturent. On observe aussi des dégâts importants sur l’agriculture et l’élevage. 

Le MJCF alerte en particulier sur les stages précaires, où les jeunes sont forcés de travailler dans des conditions difficiles voire dangereuses 

Comme le rappellent 26 climatologues dans une tribune, la canicule, si elle est exceptionnelle au regard des températures historiques, était pourtant prévisible et sera rapidement dépassée dans les années à venir. Son origine, bien connue, est à trouver dans le réchauffement climatique, lui-même causé par les émissions de gaz à effet de serre issues des activités humaines. Si ce fait est connu depuis plusieurs décennies, les gouvernements successifs ont été incapables de planifier la transition énergétique pour atténuer le réchauffement climatique.

Les communistes, eux, ont été le seul parti à publier un plan d’atténuation complet, Empreinte 2050, détaillant secteur par secteur comment engager rapidement la baisse des émissions et atteindre la neutralité carbone en 2050, notamment par l’électrification des usages et la production d’électricité décarbonée. Pour mettre en place concrètement cette planification écologique, il faut nationaliser les grands secteurs stratégiques.

Mais le réchauffement climatique est déjà là et il faut engager dès maintenant des mesures fortes d’adaptation, à la fois pour l’urgence et sur le long-terme. 

Pour faire face à l’urgence climatique, imposer des seuils de chaleur à partir desquels on arrête de travailler, 28°C pour les travaux physiques et 30°C pour les travaux sédentaires, climatisation des écoles, hôpitaux et EHPAD, ouverture de lieux de fraîcheur à commencer par les bâtiments publics climatisés, gratuité de l’eau lors des pics et des transports publics en amont des pics, soutien massif aux communes.

Pour le long-terme, engager dès maintenant l’isolation de tous les logements, la végétalisation des sols urbains et le déploiement massif de réseaux de froid urbains.

Que ce soit pour l’atténuation ou l’adaptation, le MJCF appelle à un sursaut dans nos politiques climatiques et la mise en place d’une véritable planification démocratique pour relever les défis qui nous attendent.