Chômage des jeunes : le plein-emploi s’éloigne, créons 1 million d’emplois !
Le chômage augmente. D’après l’INSEE, au deuxième trimestre 2026, il atteint 8,3 % de la population active, son plus haut niveau depuis 2020. Les jeunes sont particulièrement touchés : 21,6 % des 15-24 ans sont au chômage, soit une hausse de 2,5 points en un an. Et le chômage ne résume pas à lui seul les difficultés rencontrées par les jeunes. Une part importante d’entre eux se retrouve également éloignée à la fois de l’emploi et de la formation : 13,3 % des 16-29 ans ne sont ainsi ni en emploi, ni en études, ni en formation (NEET).Derrière ces chiffres, c’est une génération entière qui peine à trouver sa place dans le monde du travail et à construire son avenir. Alors qu’Emmanuel Macron avait fait du plein-emploi un objectif majeur de sa politique, la réalité est celle d’une jeunesse toujours davantage confrontée au chômage, à la précarité et aux petits boulots qui s’enchaînent sans jamais permettre de se projeter dans l’avenir.
La réponse du gouvernement repose principalement sur l’apprentissage, les contrats aidés, et les dispositifs d’accompagnement. Une même logique se retrouve derrière ces politiques : rendre les jeunes plus « employables » et adapter leur formation aux besoins du marché du travail.L’apprentissage en est devenu l’un des principaux outils. Entre 2018 et 2024, le nombre d’apprentis a plus que doublé, passant de 436 000 à plus d’un million, tandis que les dépenses publiques qui lui sont consacrées ont fortement augmenté. Pourtant, cette progression n’a pas fait disparaître le chômage des jeunes. Elle interroge donc les limites de la politique actuelle : on dépense de l’argent public pour faciliter l’accès des jeunes aux emplois existants, mais on ne s’attaque pas au problème de fond : la création d’emplois dont la société a réellement besoin.
Nous avons donc une question simple à poser : si l’on a multiplié par plus de deux le nombre d’apprentis sans faire disparaître le chômage des jeunes, peut-on continuer à présenter l’adaptation des jeunes au marché du travail comme la réponse au problème ?
Le problème n’est pas simplement l’apprentissage. On ne peut pas demander aux jeunes de s’adapter indéfiniment à un marché du travail qui manque lui-même de postes stables.Plus encore, cette politique fait porter aux jeunes la responsabilité du chômage. S’ils ne trouvent pas d’emploi, ils devraient être mieux formés, plus mobiles, plus « employables ». La formation professionnelle devient ainsi progressivement calibrée sur les besoins à court terme des employeurs, plutôt qu’un outil d’émancipation et de développement global des jeunes.Le raisonnement est toujours le même : si les jeunes ne trouvent pas d’emploi, c’est qu’ils ne seraient pas suffisamment formés, mobiles ou adaptés aux besoins des entreprises. Mais posons la question autrement : si nous avons besoin de soignants, d’enseignants, d’ouvriers, d’ingénieurs, de cheminots, de travailleurs du bâtiments et de personnels dans nos services publics, pourquoi ces emplois ne sont-ils pas créés ?
Le problème n’est pas que les jeunes ne seraient pas assez employables. C’est que le capitalisme ne crée pas les emplois en fonction des besoins de la population, mais en fonction de la rentabilité.Nous ne manquons pourtant pas de travail. Nous manquons d’emplois pour répondre aux besoins. Nous manquons de personnel dans les hôpitaux, les écoles et les services publics. Nous devons réindustrialiser le pays, développer les transports publics, rénover les logements et répondre à l’urgence écologique. Ces besoins doivent donc devenir des emplois.C’est tout le sens de la campagne du MJCF pour la création d’un million d’emplois. Nous voulons inverser la logique actuelle : partir des besoins de la population, identifier les emplois nécessaires, organiser les formations correspondantes et garantir aux jeunes des emplois stables, qualifiés et correctement rémunérés. Plutôt que d’adapter les jeunes au marché du travail, adaptons l’économie aux besoins de la population.Mais cela implique une question essentielle : qui décide de ce que nous produisons et où nous investissons ? L’argent public ne doit pas servir à subventionner sans fin ni garanties les profits privés. Il doit permettre de développer nos services publics, notre industrie et de répondre aux besoins sociaux et écologiques.
Les travailleurs doivent également avoir davantage de pouvoir sur les décisions économiques. Car tant que la production sera uniquement guidée par la rentabilité, les besoins de la population resteront secondaires. Face au chômage et à la précarité, nous voulons un véritable plein-emploi : celui qui permet à chacune et chacun de se former, de travailler et de construire son avenir. Créons 1 million d’emplois !