CPE XXL : nous ne sommes pas des sous-travailleurs !
Le Mercredi 28 Janvier, le MEDEF à transmis aux organisations syndicales des propositions visant à remédier au problème de l’intégration des jeunes sur le marché de l’emploi. Ces propositions relèvent d’une offensive libérale assumée, dans un contexte de crise du capitalisme français et européen.
Première proposition : un CDI qui pourrait être rompu sans motif pendant les trois premières années. Seconde proposition : attaquer la rémunération, et proposer un SMIC jeune inférieur de 20% du SMIC. Troisième proposition : rompre le cadre légal et les obligations patronales autour des contrats courts. Enfin, la dernière proposition entend supprimer la durée minimum de 24h hebdomadaire pour les temps partiels.
Ces propositions ne sortent pas de nulle part. Elles s’articulent entre deux phénomènes. Le premier est celui de la crise des entreprises française, de la baisse de leur capacité à générer du profit, de la nécessité d’assurer un rendement toujours plus grand pour leurs actionnaires.
Le second phénomène concerne la situation de la jeunesse. Le taux de chômage des jeunes stagne aux alentours de 18%. Les jeunes sans emploi, ni étude ou formation NEET concernent 12% de la jeunesse. Dans les deux cas, ce sont les jeunes des catégories populaires qui sont le plus durement touchés. Derrière la question du travail se trouve un enjeu de classe.
C’est dans ce cadre qu’il faut entendre la proposition du MEDEF. Les références aux propositions avortées du CIP de 1994, au CPE de 2006 sont justes. Mais ces propositions sont surtout la suite d’un travail de sape concernant la formation professionnelle.
Depuis son arrivée à la tête du MEDEF Patrick Martin, a déclaré faire de la jeunesse sa priorité, son cheval de bataille. Main dans la main avec les gouvernements, le patronat entend généraliser l’apprentissage et ses conditions: salaires inférieur au SMIC, aide à l’embauche etc. Autant de propositions qui creusent le déficit, précarisent in fine les jeunes et remplissent les poches du patronat.
Avec ces propositions, le MEDEF entend fixer l’agenda politique futur. Il souhaite fixer les axes de négociations pour les présidentielles. En réalité, le patronat veut profiter d’une situation de crise qu’il à lui-même engendrée afin d’avancer ses pions : il s’agit de trouver une main d’œuvre flexible et bon marché, au dépend des jeunes eux-mêmes et de leur capacité à se projeter sur le long terme.
Nous l’affirmons : nous ne sommes pas des sous-travailleurs ! L’âge d’un salarié, peu importe son secteur d’activité, ne doit pas être un facteur régressif sur ces droits et son niveau de rémunération.
Nous ne pourrons pas sortir les jeunes de la précarité au prisme de basses mesures qui, en réalité, ne servent que les intérêts du patronat. Au MJCF, nous y opposons un modèle ambitieux, qui doit permettre à chaque jeune de s’émanciper à travers un travail utile, répondant à ses aspirations et aux besoins de la société. Nous revendiquons :
- La suppression de Parcoursup et la mise en place d’un grand service public de l’orientation, qui doit permettre à chaque jeune d’être accompagné dans son parcours de formation, du collège jusqu’à l’insertion professionnelle !
- La mise en place de statut protecteur pour les stagiaires et les apprentis. Le dispositif de formation ne doit plus être synonyme de travail déguisé, faisons des jeunes en lycées pro et en CFA, un atout essentiel du redressement de notre économie !
- La création d’un million d’emplois pour révolutionner la France, dans les services publics et le secteur industriel. Nous ne répondrons pas aux défis auxquels nous faisons face sans planifier de façon ambitieuse les besoins auxquels nous devons répondre.