Déclaration à l’issue du second tour des élections municipales
Paris, 24 mars 2026,
Le second tour des élections municipales s’est tenu dimanche 22 mars dans un contexte d’abstention toujours plus importante. Avec seulement 57 % de participation, contre 63 % en 2014, ce scrutin confirme une crise démocratique et politique profonde.
Dans une période de recomposition politique incertaine, ces élections ont été présentées comme un simple prélude à l’élection présidentielle de 2027. Des millions de jeunes se détournent des urnes, faute de perspectives politiques à la hauteur de leurs attentes.
Nous le disons clairement : réduire les élections à un terrain d’affrontement entre ambitions personnelles est un jeu dangereux. C’est nier leur portée concrète pour des millions de travailleuses et de travailleurs et pour celles et ceux qui font vivre nos communes au quotidien.
Ces élections livrent cependant des enseignements majeurs.
D’abord parce que la droite, dans toutes ses composantes, progresse lors de cette élection sur fond d’austérité budgétaire et de réduction des services publics, de militarisation et de répression des mouvements sociaux et l’emporte ainsi dans de nombreuses villes, partout dans le pays.
À ce titre, la progression du Rassemblement national constitue un signal d’alarme qui doit nous inviter à la mobilisation la plus large pour la défense des conquêtes sociales et démocratiques, pour la justice sociale
L’extrême droite remporte des prises significatives sur l’ensemble du territoire, de Nice à Carmaux, en passant par Carpentras, Vierzon et Carcassonne.
Si elle n’a pas réalisé la percée massive qu’elle espérait à un an de l’échéance présidentielle, cette progression confirme une dynamique inquiétante, notamment dans les villes de taille intermédiaire et les sous-préfectures qui sont les premières touchées.
En détournant la colère sociale vers les questions identitaires et en instrumentalisant le sentiment de déclassement des Français, le Rassemblement national prétend être le premier opposant à Emmanuel Macron, alors qu’il défend de facto la préservation des intérêts capitalistes et impérialistes
Mais les résultats du second tour démontrent aussi qu’une autre voie est possible. Nous nous félicitons des victoires de la gauche, comme à Paris et à Marseille, et particulièrement de celles remportées par les communistes, Nîmes et Aubagne en tête.
Malgré quelques défaites significatives, la majorité des maires communistes de villes de plus de 10 000 habitants ont été réélus, dans des batailles souvent difficiles, contre l’extrême droite souvent, y compris dans nos bastions historiques.
Au total, près de 2,2 million de Françaises et de Français vivent désormais dans une commune dirigée par un maire communiste.
La victoire à Nîmes, portée par le communiste Vincent Bouget, comme celle de Saint-Amand obtenue par Fabien Roussel qui divise par deux le score de l’extrême droite, sont des symboles forts. Ils disent une réalité simple : les communistes constituent un rempart efficace face à l’extrême droite, parce qu’ils mènent la bataille sur le terrain de la lutte des classes, avec des propositions concrètes pour le quotidien de nos concitoyens et les services publics de proximité.
L’extrême droite ne reculera pas par les seules condamnations morales. Elle recule lorsque la colère sociale trouve des débouchés politiques concrets, lorsque des victoires sont arrachées pour les travailleurs et les travailleuses, lorsque de nouveaux droits sont conquis et lorsque la dignité reprend le pas sur la résignation.
C’est en menant des batailles offensives pour l’emploi, pour les salaires, pour l’éducation, pour l’accès aux droits que nous ferons reculer durablement l’extrême droite, en dévoilant la supercherie de son projet profondément antisocial et antirépublicain.
Le MJCF salue l’ensemble des militantes et militants qui se sont engagés dans cette bataille partout en France.
Nous adressons nos félicitations aux élus communistes, et tout particulièrement aux jeunes élus issus du Mouvement des jeunes communistes de France, qui portent dans les conseils municipaux les aspirations de toute une génération.
Dans la période qui s’ouvre, le MJCF s’engage à aller convaincre les jeunes d’adhérer massivement, là où l’extrême droite s’enracine : dans les entreprises qui exploitent, les lycées où l’on manque de profs, les CFA où l’on travaille sans droits. C’est là que se trouve le terreau de ses mensonges, et le cœur de notre combat !
Nous mettrons toutes ses forces dans la bataille pour faire reculer l’extrême droite dans les bassins frappés par la désindustrialisation où elle réalise ses plus fortes percées, en portant une vaste campagne pour l’emploi et la dignité au travail, dans l’égalité.