Déclaration du Conseil national

24 janvier 2026,

Face à l’escalade impérialiste, construire la riposte internationaliste.

Le Conseil national du MJCF condamne avec la plus grande fermeté l’agression impérialiste menée le 3 janvier contre le Venezuela.

Cette attaque s’inscrit dans une séquence longue et continue de déstabilisation et d’ingérences : guerre économique, sanctions, tentatives de coups d’État, reconnaissance d’autorités fantoches, chantage diplomatique, pressions militaires. Un nouveau seuil a été franchi avec les bombardements, l’enlèvement du président élu Nicolás Maduro et de son épouse, la députée Cilia Flores, les dizaines de morts, dont trente-deux Cubains, et les menaces de mise sous tutelle.

Il s’agit ni plus ni moins d’une tentative de changement de régime par la force, au mépris du droit international, de la souveraineté populaire et de la démocratie. Sur la scène internationale, l’isolement des États-Unis est manifeste. Seul le camp occidental s’est distingué par son silence complice ou son soutien déguisé.

Derrière la rhétorique sur la démocratie et les droits humains, les objectifs de l’administration Trump sont clairs : l’accaparement et le contrôle des ressources, notamment le pétrole, arrachées à la logique de nationalisation et de souveraineté populaire, dans un contexte où les États-Unis ont perdu la bataille industrielle des énergies renouvelables face à la Chine.Mais l’agression contre le Venezuela dépasse largement ce seul pays. Elle s’inscrit dans une offensive plus large de restauration de l’hégémonie étasunienne, visant à reprendre le contrôle de l’Amérique latine et des Caraïbes, désormais revendiquées comme une chasse gardée au nom d’une doctrine Monroe réactivée.

En faisant du Venezuela un exemple, les États-Unis cherchent à briser les processus de résistance anti-impérialiste, à intimider les peuples qui refusent l’alignement et à dissuader toute contestation de l’ordre hégémonique. Les menaces répétées contre Cuba, la Colombie et le Mexique, l’ingérence politique au Honduras et le renforcement de la présence militaire dans les Caraïbes et le Pacifique en témoignent. En assumant même l’hypothèse d’une option militaire au Groenland, Washington révèle son mépris y compris pour ses “alliés” européens.

Face à cette offensive, le MJCF affirme sa solidarité pleine et entière avec les peuples du continent américain. Il exige la condamnation de l’agression contre le Venezuela, la rupture de l’alignement de la France derrière les États-Unis, le respect de la souveraineté du peuple vénézuélien et du résultat des élections de 2024, la libération immédiate de Nicolás Maduro et de Cilia Flores, ainsi que la levée des sanctions économiques qui étranglent les peuples vénézuélien et cubain.

Cette fuite en avant impérialiste ne se limite pas aux Amériques. Au Moyen-Orient, les États-Unis poursuivent une stratégie de recomposition régionale fondée sur l’ingérence, l’intervention armée, afin de défendre leurs intérêts énergétiques et géostratégiques. L’alliance avec Israël y joue un rôle structurant. La relégation de la question palestinienne hors du débat public ouvre la voie à la tentative de Donald Trump d’imposer la phase 2 de son « plan de paix » qui organise en réalité la mise sous tutelle de Gaza et la négation du droit du peuple palestinien à l’autodétermination.En Iran, les mobilisations contre la vie chère et la crise socio-économique, réprimées par le sang, font l’objet de tentatives d’instrumentalisation externe.

Les pressions, sanctions et menaces des États-Unis et d’Israël ne répondent en rien aux aspirations populaires et font peser le risque d’un scénario d’instabilité durable et de tutelle à l’irakienne. En Syrie, les accords militaires et les tentatives de normalisation avec le nouveau régime révèlent une souveraineté contrainte. Loin d’apporter la paix, la chute de Bachar al-Assad a renforcé les fractures internes et prolongé l’instabilité, tandis que les peuples, notamment les Kurdes, continuent d’être traités comme des variables d’ajustement.

Les événements au Venezuela, dans les Amériques et au Moyen-Orient marquent le franchissement d’un cap. À la guerre économique, aux sanctions et aux ingérences s’ajoutent désormais l’usage assumé de la force armée, les menaces d’annexion et de mise sous tutelle. Cette escalade traduit la crise profonde de l’hégémonie étasunienne. Confrontés à un monde en recomposition : montée de la Chine, affirmation du Sud global, contestation du dollar, affaiblissement du leadership occidental, les États-Unis recourent à la coercition et à la violence pour tenter de préserver leur domination, au mépris de la souveraineté des peuples et de la paix mondiale.

Face au contexte international, l’enjeu pour le MJCF est clair : ne pas laisser l’impérialisme imposer son récit, son calendrier et sa guerre. Il nous revient de déconstruire la propagande impérialiste et le récit qui habillent les guerres et les ingérences du vocabulaire de la « démocratie » ou de la « sécurité », pour faire entendre une lecture matérialiste et de classe. Elle est indissociable d’un militantisme pour la paix : refuser l’escalade guerrière, dénoncer la militarisation des sociétés, combattre l’alignement de la France et défendre la souveraineté des peuples.

Cet engagement doit s’inscrire dans une perspective internationaliste. La participation du MJCF au FMJE constitue à ce titre une échéance majeure pour porter la voix d’une jeunesse française anti-impérialiste, solidaire des peuples vénézuéliens et cubains et engagée pour un ordre international fondé sur la paix et la coopération.

La jeunesse n’a pas vocation à payer les guerres de l’impérialisme, ni par le sang, ni par les sacrifices sociaux, ni par la précarisation. Construire cette riposte, c’est, pour le MJCF, assumer pleinement son rôle d’organisation de jeunesse communiste, anti-impérialiste et internationaliste, à la hauteur des dangers de la période.

Dans ce contexte, la position de la diplomatie française traduit un renoncement à toute politique étrangère indépendante. Sur le plan international, cet alignement contribue à l’effacement de la voix de la France et à sa subordination aux priorités euro-atlantiques.

Sur le plan intérieur, il nourrit une fuite en avant militariste, illustrée par l’augmentation des dépenses d’armement, l’intégration renforcée au commandement de l’OTAN et la justification de nouveaux sacrifices sociaux au nom de la guerre et de la sécurité, tout en accélérant le transfert de richesses vers les États-Unis et la désindustrialisation du pays.

Le patronat et le gouvernement poursuivent leur offensive austéritaire. Si le budget a été rejeté par l’Assemblée nationale, et semble difficilement pouvoir être adopté, son contenu austéritaire risque le passage en force, au risque d’une crise politique de plus. Sa logique reste la même : faire des économies dans les services publics, augmenter les dépenses à l’Intérieur et dans les Armées, soutenir les profits des grandes entreprises.

Le budget de la Sécu vise à diminuer le déficit de 5,6 milliards d’euros par une baisse des dépenses et des prestations. Le report de la réforme des retraites n’est qu’un répit de courte durée, et ne concerne pas les jeunes. Pour nous, rien ne change et tout reste à gagner.

Outre le chaos de la séquence budgétaire, l’offensive du patronat ne se cantonne pas au législatif à l’instar des négociations sociales portant sur l’assurance chômage où, d’un projet de 400 millions d’euros d’économie sur les ruptures conventionnelles, le patronat entend désormais discuter de l’ensemble des conditions d’entrée et règles d’indemnisation de l’assurance chômage et de ses régimes.

Ce contexte austéritaire résonne avec l’aggravation de la crise économique dont la secousse qui traverse le monde agricole est une manifestation. Le traité de libre-échange entre l’UE et le Mercosur a mis en exergue les tensions de classe au sein de celui-ci.

Cet accord, dont les français vont pâtir – particulièrement les petites et moyennes productions agricoles – symbolise la perte de notre souveraineté économique au profit de l’Union européenne. En répondant à des objectifs patronaux, il organise le dumping social et environnemental au détriment de l’urgence écologique et d’une meilleure organisation de la production. Il grave une répartition mondiale de la production qui aggrave la perte de souveraineté alimentaire en France.

La mobilisation des agriculteurs est celle d’un monde hétérogène aux intérêts différents, de la petite propriété paysanne au grand patronat. Les premiers aspirent à vivre dignement de leur travail, les seconds à s’enrichir par une répartition plus profitable de la valeur ajoutée dans la chaîne de valeur ; tous ont en commun le rejet d’un accord de libre-échange qui fait de la production agricole une marchandise comme une autre.

Le MJCF défend un modèle agricole écologiquement soutenable, économiquement intégré, rémunérant correctement l’ensemble des acteurs en contenant l’influence de l’agro-industrie et de la grande distribution. Ce modèle doit être appuyé par une puissance publique planificatrice, conciliant les contraintes environnementales, les exigences de la productivité et le respect des travailleurs pour garantir une production agricole souveraine. Nous défendrons nos revendications et porterons notre analyse sur les lycées agricoles.

Cette crise traduit l’incapacité du libre-marché à résoudre les contradictions internes à la production agricole. Celles-ci résonnent avec celles de l’industrie française, qui poursuit sa liquidation par le patronat français. À Brandt, la suppression de 200 emplois fragilise un appareil productif dont l’entreprise est placée en liquidation judiciaire. Chez Dumarey Powerglide, 320 emplois supprimés s’ajoutent aux 234 de l’année passée ; ce sont les ouvriers qui payent le manque de vision stratégique et la mauvaise gestion du patronat.

Faute d’une véritable planification de la relance industrielle française, celle-ci souffre d’infrastructures insuffisantes, d’investissements ne permettant ni la maîtrise de l’innovation, ni l’acquisition et l’intégration d’un appareil productif performant, d’un manque de vision lié au court-termisme des actionnaires, et d’une pénurie de main d’oeuvre qualifiée.

L’affaiblissement de la formation professionnelle et de l’enseignement supérieur diminue le potentiel industriel français. La formulation des vœux des lycéen-nes sur Parcoursup s’ouvre dans un contexte où 80 % des universités françaises ont validé un budget 2026 déficitaire. L’université à plusieurs vitesses, où le plus grand nombre connaît une dégradation des conditions d’étude, s’articule à la sélection tout au long du parcours scolaire.

Le recul du service public comporte un volet territorial aux conséquences lourdes : du CAP au master, les fermetures de filières en proximité conduisent au renoncement et privent par conséquent le pays de l’acquisition de ces connaissances. À cela s’ajoute un renforcement de la privatisation de l’enseignement supérieur, et notamment technique, à tel point que la moitié des apprentis dépendent d’un CFA privé.

Le MJCF impulse partout en France des mobilisations contre la sélection. L’accès à l’enseignement supérieur doit avoir pour seule condition l’obtention du baccalauréat. Chacun-e doit pouvoir accéder à des formations de qualité dans la filière de son choix. Le MJCF mènera la bataille contre la sélection, et l’articulera avec la lutte contre l’orientation genrée, notamment dans le cadre de la préparation du 8 mars.

Les élections municipales de mars revêtent un caractère singulier en raison du moment historique dans lequel elles se situent. Elles constitueront la première expression du peuple par les urnes en près de deux ans.

Surtout, les communes font durement, et de manière visible, les frais des politiques d’austérité. Leur budget est menacé au profit du budget militaire et en raison du cadre européen. De ce fait, les communes sont de plus en plus contraintes d’organiser la mise en œuvre de l’austérité, là où nous défendons l’importance des services publics municipaux. Les communes sont traversées par la crise économique et politique.

De nombreuses candidatures manquent, notamment dans les petites communes. Nous saluons en revanche la mise en place de la parité dans celles-ci, qui envoie un signal positif en matière d’égalité entre les femmes et les hommes dans l’engagement politique.

Ces élections surviennent dans un contexte de radicalisation du pouvoir bourgeois. A ce titre, les communes sont des échelons qui constituent une résistance. En cela, la réussite électorale des candidat-es investi-es par le PCF revêt une importance majeure.