Déclaration du Conseil national du MJCF
28 mars 2026
« Construire un monde dirigé par les Etats-Unis » : Donald Trump dessine les contours illusoires d’un ordre mondial encore dirigé par les Etats-Unis.
Au Moyen-Orient, l’agression d’Israël et des États-Unis contre l’Iran le 28 février a engendré les hostilités qui se sont étendues au Liban, au Yémen, avec des frappes iraniennes au Qatar et Bahreïn, et causé la mort d’Ali-Khamenei.
Benjamin Netanyahou et Donald Trump s’engouffrent dans les crimes internationaux : la guerre “préventive” lancée en Iran est illégale dans le droit international. Sous couvert de guerre contre les services secrets, Israël déploie drones et vers informatiques. Les victimes sont avant tout civiles, et les profits et les capitaux des industries d’armement explosent.
Le soutien de Donald Trump à cette offensive est stratégique, sur un territoire qui recouvre l’essentiel de la population du Moyen-Orient et dont le marché du gaz et du pétrole échappe aux Etats-Unis, dans le but avoué d’affaiblir la Chine.
Pour être libre, nul besoin d’être brutal, contrairement à ce qu’affirme le Président de la République Emmanuel Macron. Si la liberté de navigation est atteinte, c’est par le choix des Etats-Unis de répandre la guerre dans la région. En parallèle, Macron laisse les intérêts français être attaqués par Israël et les Etats-Unis en particulier au Liban.
La France ne peut pas s’aligner plus longtemps sur les Etats-Unis. L’envoi du porte-avions Charles-de-Gaulle et d’une frégate en Méditerranée, ainsi que des systèmes antimissiles à Chypre, la « sécurisation » des voies maritimes cristallisent les perspectives militaires.
Non seulement la France est incapable de condamner ces interventions militaires, mais pire, elle y participe indirectement et peut provoquer un engrenage désastreux. Cela démontre que la politique étrangère d’indépendance, d’influence et d’équilibre a disparu.
Le MJCF salue le courage de l’Espagne, qui s’est opposée en actes en ne coopérant pas à l’intervention des Etats-Unis en Iran, refusant de mettre à disposition ses bases militaires. L’ensemble des pays qui refusent l’impérialisme étasunien devraient se soulever contre les sanctions que Donald Trump veut désormais imposer à l’Espagne.
L’impérialisme est visible dans toutes les guerres qu’ils alimentent. L’accord entre Damas et l’Administration révolutionnaire du Rojava, défavorable à l’autonomie du peuple kurde, est marqué par le faux-allié États-Unien et son soutien stratégique à Al-Chaara.
En Amérique Latine aussi, l’agressivité des Etats-Unis se joue par la coercition ou le consentement. Ils utilisent les élections pour imposer leur sphère d’influence.
A Cuba, la crise économique s’intensifie suite au blocus énergétique imposé par les Etats-Unis, et l’attaque du Venezuela. Lundi 2 mars, plusieurs entreprises privées ont commencé à importer du pétrole à Cuba depuis les Etats-Unis. Washington a autorisé la vente de carburant aux entreprises privées tant que les transactions ne profitent pas au gouvernement de La Havane. Le MJCF demande à la France d’agir pour un corridor humanitaire et pour la fin du blocus.
Pour freiner l’émergence d’un monde multipolaire, dans leur rivalité avec la Chine et la Russie, les Etats-Unis menacent le Groenland, attaquent l’Iran, le Venezuela, et menacent Cuba d’intervention militaire. Le MJCF condamne toutes les interventions impérialistes continues depuis des années.
La politique extérieure et de défense de la France doit être débattue au Parlement, et non par le seul fait du Président de la République. Pour défendre une politique de paix, la France doit faire le choix de son indépendance et sortir des carcans de l’UE, de l’OTAN et de l’impérialisme américain, en se posant du côté du multilatéralisme et de tous les peuples qui remettent en question l’impérialisme.
Dans cette situation politique inédite, le Conseil national du MJCF lance ce 28 mars, une grande bataille politique contre l’impérialisme américain. Face aux guerres, aux sanctions, aux blocus, aux kidnapping et au génocide, notre voix est claire : US GO HOME !
Il existe en France une majorité de jeunes qui refusent les guerres, qui s’indignent des agressions contre les peuples, et qui ressentent honteusement le décalage entre ces réalités et le double discours du gouvernement français. Tâche à nous de la transformer en adhésion, à condition de parler large et de parler clair !
Le point d’orgue de cette bataille doit-être notre participation très large au XXème Festival mondial de la jeunesse à Caracas en juillet prochain. Il doit vivre à travers toutes les initiatives organisées par les jeunes communistes : les fêtes de l’Avant-garde, les bals populaires, les banquets, les tournois sportifs, les cafés-débats et les projections de films.
La crise de l’impérialisme accélère la crise politique nationale : le déclassement de la France sur la scène internationale et sa vassalisation aux Etats-Unis apparaissent au grand jour.
Les capitalistes préparent une économie de guerre, défavorable aux intérêts du pays et des travailleurs. Pourtant, aucun travailleur ne veut partir en guerre pour eux : la majorité des Français estime que l’offensive militaire des Etats-Unis et d’Israël est une mauvaise chose.
De même, la guerre crée une explosion des prix de l’énergie et menace le pouvoir d’achat des français. Nous revendiquons un contrôle des prix pour bloquer les marges de l’essence et nous refusons que les rentes alimentent la poche des actionnaires.
La guerre impacte le quotidien des travailleur.ses. En France, ce sont les arrêts maladie, et à travers eux, la sécurité sociale, que le Gouvernement essaie de raboter, alors même que les urgences sont saturées et que les centres de santé croulent sous le poids de l’austérité. En dénonçant l’impérialisme des Etats-Unis, nous dénonçons les attaques du Gouvernement contre les services publics et les droits sociaux.
Dans cette période d’incertitude, nous faisons face à une recrudescence inquiétante des violences et des tensions entre nos concitoyens, largement alimentées et exploitées par l’extrême droite. La mort de Quentin Deranque, lors d’un affrontement entre militants fascistes et antifascistes à Lyon, en est une illustration.
Cet événement s’inscrit dans un climat de brutalisation de la vie politique, où la violence tend à se substituer au débat démocratique. Il offre un boulevard à l’extrême droite, qui provoque puis instrumentalise ces situations pour imposer son narratif réactionnaire et avancer son projet raciste, patriarcal et antisocial.
Cette séquence révèle aussi l’impasse des stratégies minoritaires à gauche. En s’enfermant dans des logiques sectaires et en cédant à la recherche de la confrontation physique, certains se coupent de l’analyse de classe, laissant l’extrême droite prospérer sur le sentiment de déclassement et détourner la colère sociale vers les questions identitaires.
Face à cela, le Conseil national du MJCF affirme l’urgence de construire un antifascisme de masse. Une bataille pour les consciences, ancrée dans les lieux de vie, d’étude et de travail des jeunes. Un antifascisme qui dépasse les cercles militants et s’attaque aux racines de l’extrême droite : la précarité, l’exploitation, le chômage et l’abandon des services publics.
Ce cap n’a rien de nouveau : l’antifascisme est la recherche du front le plus large de défense des libertés démocratiques, d’un projet populaire et rassembleur, capable de devenir majoritaire, et comptant sur la mobilisation de toutes et tous sans prérequis. À l’inverse, la violence et le sectarisme conduisent à l’impuissance et à la démobilisation.
Cette exigence est d’autant plus forte que la situation des jeunes se dégrade à un rythme alarmant. Le chômage des moins de 25 ans atteint des niveaux inédits, conséquence de politiques menées depuis des années.
Dans le même temps, le déficit se généralise dans les universités : manque de moyens, conditions d’étude dégradées, saturation des capacités d’accueil. Parcoursup s’est imposé comme un outil de sélection sociale, structurant les parcours autour de la compétition et renforçant les inégalités, malgré son impopularité parmi les jeunes qui n’hésitent pas à lutter pour améliorer leurs conditions d’études
C’est dans ce contexte que se sont tenues les élections municipales, première expression démocratique des français après plus de deux ans d’immobilisme.
Pour les forces politiques en présence, et dans une période de recomposition politique incertaine, elles ont été appréhendées comme un tour de chauffe des élections présidentielles qui se tiendront en 2027.
Du Rassemblement national à la France Insoumise, en passant par le camp très divisé de la majorité, elles ont permis de tester l’efficacité des discours, récits et stratégies nationales de chacun, au détriment des prérogatives de nos communes, reléguées au second plan.
Dans ce contexte, de nombreux élus ont subi, à travers le traitement médiatique des élections, des invectives racistes que nous condamnons avec la plus grande fermeté. Le MJCF apporte son soutien inconditionnel à l’ensemble de ces élus, quelle que soit leur appartenance politique.
Pourtant, ces dernières apparaissent comme essentielles et corroborent avec les sujets de préoccupations de nos concitoyens : l’accès au logement et à la santé, le pouvoir d’achat, le renforcement de nos services publics, etc.
Dès lors, le message renvoyé par les françaises et les français est un rappel à l’ordre : ils ont boudé les urnes, et l’abstention dépasse les précédentes, hormis celles de 2020 marquées par la pandémie.
Face à cette situation, nous affirmons que réduire ces élections à un terrain d’affrontement entre ambitions personnelles dans la perspective des présidentielles est un jeu dangereux. C’est nier leur portée concrète pour des millions de travailleuses et travailleurs.
Dans ce contexte, le MJCF a pris toute sa part et s’est engagé comme soutien et acteurs des listes municipales présentées ou soutenues par les communistes sur tout le territoire.
Le Conseil national salue les militants engagés dans cette bataille partout en France, et félicite pleinement les élus du PCF, et tout particulièrement les jeunes élus communistes également membres du MJCF.