Faire reculer durablement l’extrême droite
Après la mort du militant d’extrême droite Quentin Deranque à Lyon, notre pays est saisi d’émotion et de tensions. Rien ne peut justifier qu’un jeune homme de 23 ans perde la vie. La justice doit travailler en toute indépendance et établir toute la vérité sur le déroulé des événements.
Dans le même temps, nous refusons toute instrumentalisation de ce drame. Depuis plusieurs jours, le Rassemblement national et divers groupuscules identitaires exploitent ce meurtre pour légitimer leurs thèses, multiplier les intimidations et encourager des démonstrations de force inquiétantes. Des ratonnades, des dégradations et des provocations se multiplient dans plusieurs villes. Le gouvernement ne peut rester silencieux face à la montée de ces violences organisées. En premier lieu, la manifestation prévue samedi à Lyon, qui doit rassembler tout ce que l’Europe compte de militants néofascistes, doit être interdite par le préfet du Rhône.
Nous le disons clairement, pour les antifascistes, l’heure n’est pas à la lutte violente dans la rue. Le mouvement ouvrier et les communistes ne doivent pas se perdre dans le piège des modes d’actions minoritaires. La constitution de milices, la chasse à l’homme et la recherche du combat violent sont aujourd’hui les méthodes de l’extrême droite. Le combat contre l’extrême droite est un combat politique, social, idéologique, pas un concours viril de brutalité.
L’extrême droite vise la conquête du pouvoir au grand jour. Seule une action de masse, politique et à visage découvert peut répondre à ce danger et défendre pied à pied les conquêtes démocratiques et sociales.
La situation prouve que les modes d’action minoritaires violents ne font pas reculer l’extrême droite. Ils la nourrissent, ils lui permettent de se victimiser, de se banaliser et d’alimenter une escalade dont les premières victimes sont toujours les classes populaires et la jeunesse.
Le gouvernement ne peut pas réduire la situation à un face-à-face caricatural entre “extrêmes”, effaçant les responsabilités politiques et les clivages de classe. Ce climat de surenchère détourne l’attention des urgences et des priorités : précarité étudiante, salaires insuffisants, chômage des jeunes, crise du logement, démantèlement des services publics, sélection sociale à l’université. Autant de conséquences des politiques au service du patronat qui ont fait le lit de l’extrême droite. En niant ces enjeux, le bloc central veut empêcher la prise de conscience et l’organisation des travailleuses et travailleurs.
L’extrême droite prospère sur le désespoir social. Elle prétend défendre le peuple tout en s’opposant aux hausses de salaires, aux droits syndicaux, aux investissements publics dans l’éducation et la santé. Elle divise les travailleurs selon leur origine, leur religion ou leur orientation sexuelle, pour faire oublier l’exploitation capitaliste.
La réponse ne sera ni dans la sidération, ni dans la surenchère violente. Elle sera dans la reconstruction d’un mouvement populaire, de masse, ancré dans les lycées, les CFA, les universités, les écoles, les quartiers et les entreprises. Renforcer la conscience de classe, organiser la jeunesse, reconstruire des collectifs puissants : voilà le chemin pour isoler durablement l’extrême droite.
Face aux provocations et aux stratégies de tension, nous appelons à la responsabilité, à la fermeté démocratique et à la mobilisation sociale. C’est par l’engagement collectif, la lutte organisée et l’espoir concret d’une transformation sociale que nous ferons reculer les idées de haine.
Le Mouvement Jeunes Communistes de France continuera son combat antifasciste contre l’extrême droite sans relâche et sans concession.
Nous revendiquons immédiatement :
- la dissolution des groupuscules d’extrême droite
- l’inéligibilité pour toute personne condamnée pour injure raciale, LGBTphobe ou antisémite
- l’interdiction de la manifestation fasciste de samedi à Lyon