Incendies en Gironde : l’Etat porte la responsabilité du désastre humain et écologique
Depuis dix jours en Gironde, l’incendie de Saumos a brûlé 42 000 hectares, a ravagé 250 bâtiments, dont une grande majorité d’habitations, et a forcé l’évacuation de 220 000 personnes. Il s’agit d’un feu de forêt historique, le deuxième le plus important en France depuis 1949, qui a notamment pu se développer dans les forêts privées de monoculture de résineux, particulièrement inflammables. Les efforts des pompiers pour maîtriser ce sinistre ont été remarquables, avec la mobilisation de 3 300 pompiers. Les jeunes communistes apportent leur soutien aux familles des deux pompiers décédés. Personne ne doit mourir au travail.
Face à cette situation exceptionnelle, en Gironde et partout en France, les habitant·e·s ont fait preuve d’une solidarité importante, via des collectes de solidarité, notamment celles du Secours Populaire ou de l’UBB, de nombreux agriculteurs, bénévoles et résidents de communes menacées sont venus prêter main-forte aux pompiers. La solidarité dont nous avons fait preuve n’efface pas les choix politiques qui nous ont menés à cette situation.
Depuis les incendies exceptionnels de 2022 en Gironde, les moyens de prévention, de la Sécurité civile, des SDIS, de l’ONF, des collectivités et les investissements nécessaires pour adapter nos territoires n’ont pas été renforcés à la hauteur des enjeux. Aujourd’hui, nous payons le prix de politiques d’austérité dont nous connaissons les responsables :
- Thomas Cazenave, maire macroniste de Bordeaux, délégué des comptes publics en 2024, qui a choisi de faire 10 milliards d’euros de coupes budgétaires, dont 53 millions destinés à la sécurité civile, ce qui a empêché l’achat de deux Canadair neufs.
- La droite et l’extrême droite ont voté systématiquement contre le recrutement de sapeur pompiers, la revalorisation de leurs salaires et le renforcement des moyens alloués, notamment en votant contre la hausse de la part de TSCA reversée aux départements pour financer les Syndicats Départementaux d’Incendie et de Secours (SDIS).
- En Gironde, dans le cadre de politiques d’austérité, la chambre régionale des comptes voulait que le département diminue sa subvention au SDIS il y a encore 3 semaines.
- Les gouvernements successifs depuis plusieurs dizaines d’années ont diminué les financements de l’office national des forêts (ONF), premier acteur de la prévention et de l’entretien des forêts publiques, ainsi que de l’office français de la biodiversité (OFB), qui contrôle les usages illégaux dans les forêts.
La mobilisation des sapeurs-pompiers a été exemplaire, avec près de 3 300 pompiers déployés, et malheureusement plus de 300 blessés et plusieurs morts. Alors que l’inhalation des feux de forêts crée des risques de cancer élevés, nous exigeons que tous les travailleurs mobilisés durant cette période bénéficient d’un accompagnement sanitaire de long terme. Dans ce contexte, les propos de la préfète de la Gironde disant à Sud-Ouest le 31 juillet qu’”elle retient qu’il n’y a aucun mort” sont déconnectés et violents.
Alors que la France ne dispose que de 12 Canadair – dont la moitié est en maintenance – , 8 Dash et 3 Beech, il est urgent d’investir dans des moyens aériens pour lutter contre les feux de forêts. La France doit développer une filière française de production et de maintenance des bombardiers d’eau, ce qui passe par un accès réel à la formation et à l’emploi. L’État et les collectivités doivent disposer de moyens performants et rapidement déployables. Alors que 1 800 centres de secours ont été supprimés en 20 ans et que la CGT des agents du SDIS alerte depuis 2021 sur la perte de plus de 1 000 camions-citernes feu de forêts, nous défendons l’ouverture de nouvelles casernes, notamment dans les communes rurales. La prévention doit passer par des moyens supplémentaire pour l’entretien des forêts (débroussaillage, élagage, gestion des pare-feux) et des moyens d’intervention, notamment en créant des zones d’appui à la lutte, des équipements en points d’eau et en pistes de défense des forêts contre les incendies (DFCI). Ces mesures qui visent à renforcer le service public forestier doivent être intégrées dans une démarche plus large de planification des emplois futurs, des aménagements du territoire et de réindustralisation, permettant de répondre aux impératifs d’atténuation et d’adaptation face au dérèglement climatique et ses conséquences.
Les jeunes communistes exigent des moyens pour la lutte contre les feux de forêt, l’adaptation au changement climatique et pour les services publics.