Lyhanna : l’État ne doit plus abandonner ses enfants
Depuis plus d’une semaine, la France pleure une enfant et s’indigne contre un gouvernement qui détourne le regard de ses responsabilités.
Nous adressons nos sincères condoléances ainsi que tout notre soutien à la famille de Lyhanna, ainsi qu’à tous les enfants victimes d’un système qui leur coupe les ailes.
Après sa disparition vendredi 29 mai, Lyhanna, 11 ans, a été retrouvée sans vie ce jeudi 4 juin, dans un silo agricole abandonné du Gers.
Le principal suspect, J. Barella, 41 ans, était déjà visé par plusieurs plaintes et signalements : un licenciement pour “comportement inappropriés” envers une lycéenne alors qu’il travaillait en tant qu’agent d’entretien dans son établissement, et 2 plaintes pour viol. La première, pour des faits commis en 2022 sur une enfant de 7 ans, est classée sans suite pour cause de “faits insuffisamment caractérisés”.
La seconde en août 2025, concerne une enfant de 11 ans et est toujours en cours.
Une nouvelle plainte pour attouchements sur une autre enfant de 11 ans a été déposée en mars 2026. Le casier judiciaire de Barella est vierge.
Comment la justice française a-t-elle pu faire preuve d’autant de lenteur et d’inattention ?
Monsieur Macron a évoqué des “dysfonctionnements”.
Or, s’il s’agissait là d’une exception, les chiffres relayés par le gouvernement lui-même ne seraient pas d’actualité : en France, toutes les 3 minutes, un enfant est victime d’inceste, de viol ou d’agression sexuelle. Quant aux violences sexuelles dans leur ensemble, moins de 10 % des victimes portent plainte, et moins de 10 % de ces plaintes donnent lieu à une condamnation.
Cette situation est le résultat d’années de sous-investissement dans la justice et la protection de l’enfance. Les professionnels du secteur alertent sur le manque de moyens sans réponse à la hauteur des bsoins avec des conséquences dramatiques. Dans l’état actuel des choses, aucun agresseur n’est ni ne sera traité différemment que J. Barella. Pire encore : les enfants qui osent dénoncer sont plus en danger que leurs agresseurs.
On rappelle qu’en France, 20 000 mineurs sont en situation de prostitution et que 80% d’entre eux sont des enfants pris en charge par l’ASE.
Les enfants victimes de violences ne sont en sécurité nulle part.
Et en amont de ces drames systémiques, il y a un manque cruel d’éducation et de prévention. Par exemple, les 3 séances annuelles obligatoires d’éducation à la vie affective et sexuelle de l’école au lycée ne sont pas respectées.
Les professionnels, les magistrats, les associations, les familles se plaignent d’un manque cruel de moyens.
Auprès du PCF, le MJCF revendique le renforcement des moyens de la justice des mineurs et des services d’enquête spécialisés ; le développement de structures d’accueil, d’écoute et d’accompagnement des victimes ; la mise en place d’une réelle coordination entre les institutions concernées. Enfin, l’alignement sur les recommandations de la CIVISE, afin de faire de la protection de l’enfance une priorité nationale en la finançant concrètement.
Que ce soit en amont ou en aval des violences, le gouvernement macroniste, qui prétend pourtant tout faire pour protéger nos enfants, échoue. Le gouvernement est complice : le gouvernement tue.