Notre avenir se gagnera par le rapport de force !
Déclaration du Mouvement des Jeunes Communistes de France (MJCF) – 20 octobre 2026,
Samedi, plus de 800 000 personnes ont défilé partout en France.
Après les lycéennes et les lycéens, la mobilisation a rassemblé des Françaises et des Français de tous horizons, autour d’une même colère sociale et du besoin de changement.
Travailleurs, étudiants, apprentis, nos parcours sont différents, mais nos raisons de lutter se rejoignent : la vie toujours plus chère, le chômage, les salaires trop bas, les études et le travail toujours plus précaires.
Cette colère ne vient pas de nulle part. Elle est le résultat de décennies de libéralisme, d’un capitalisme exacerbé et violent qui a organisé méthodiquement notre déclassement. Le record glaçant de 783 morts au travail l’année dernière illustre cette violence.
Ce 17 octobre a aussi été le théâtre de scènes de casse et de pillage en marge des manifestations, surtout après celles-ci. Elles font écran à nos revendications et fragilisent une mobilisation qui a besoin du soutien du plus grand nombre.
Nous refusons ces violences, car elles affaiblissent la mobilisation. Elles ne construisent aucun rapport de force et frappent d’abord celles et ceux qui travaillent et vivent dans les quartiers concernés. Elles offrent à Macron les images dont il a besoin pour faire disparaître du débat public les 800 000 manifestants et leurs revendications.
Nous ne sommes pas dupes : le gouvernement en fait une stratégie pour faire reculer le mouvement social, l’isoler et lui faire perdre le soutien populaire qu’il a gagné.
Plus de 75 % des Français soutiennent les revendications des lycéennes et des lycéens. Cette adhésion populaire est notre force. Nous devons la préserver et l’élargir.
Depuis des semaines, le ministère de l’Intérieur répond à la colère lycéenne par une répression brutale. Le 17 octobre, la répression a de nouveau frappé les cortèges. À Toulouse, une responsable de la CGT a été blessée.
Plusieurs préfectures ont entravé le dépôt des déclarations de manifestation pour brouiller les rendez-vous. Le gouvernement prétend rétablir l’ordre, mais il fait tout l’inverse. Il est le principal artisan du chaos.
En refusant la démission de Laurent Nuñez, Macron a choisi de maintenir cette doctrine et de couvrir ceux qui l’appliquent. C’est l’impunité totale.
Dimanche soir, le Président n’a répondu à aucune de nos exigences. Il a réduit sa réaction aux violences et aux dégradations. Il renvoie les responsabilités aux partis convoqués à ce qui ressemble à un conseil de discipline, ainsi qu’à la crise internationale, comme s’il n’y était pour rien. Pourtant, son déplacement au Moyen-Orient, dès le lendemain, aux côtés de grands industriels français dont Total, dit autre chose.
En faisant de la France un relais des intérêts états-uniens, le gouvernement choisit de faire payer le coût de la guerre aux Françaises et aux Français. Cette crise lui sert d’alibi quand, dans le même temps, il nous renvoie la responsabilité de faire vivre le débat démocratique.
Il nous invite à prendre la parole dans la presse et sur les plateaux télé. Mais qui tient le micro ? Quels lycéens professionnels y ont été invités ? Quels apprentis ? Quels ouvriers ? Ont-ils été entendus ces dernières semaines, ces derniers mois, ces dernières années ? Non. Ce gouvernement défend les intérêts d’une classe sociale. Et il agit comme tel.
Nous assumons donc de construire la mobilisation la plus forte possible. Pour beaucoup, la rue reste le dernier moyen de se faire entendre et de prendre part au débat démocratique.
Nous n’attendons rien d’Emmanuel Macron. Nous ne défendons pas les mêmes intérêts. Mais nous savons ce que nous avons à faire : continuer à organiser la lutte et élargir le mouvement.
Notre mobilisation doit monter d’un cran pour faire céder le gouvernement. Ce cran, ce n’est pas la violence de rue, mais l’entrée massive dans le mouvement du plus grand nombre possible de travailleurs et de travailleuses, par la grève.
Soyons tout l’inverse de Macron : exemplaires et rassembleurs, portons ensemble le projet d’une autre société.
Dès la rentrée, le 2 novembre, nous organiserons les blocus et les mobilisations dans les lycées, les CFA et les universités. Le 5 novembre, nous serons massivement aux côtés des travailleuses et des travailleurs.
Aux apprentis, étudiants, lycéens et jeunes travailleurs, issus des filières générales, technologiques, professionnelles, agricoles, maritimes, nous disons que nos intérêts convergent, et que nos luttes doivent se rejoindre.
Nous prendrons toute notre place dans ce combat, dans les lycées, les CFA, les universités et les lieux de travail. Nous aiderons chaque jeune à s’organiser, à porter ses revendications et à construire la suite de la mobilisation.
- Pour abroger Parcoursup et la sélection en construisant un grand service public de l’orientation.
- Pour un statut juste et protecteur des stagiaires et des apprentis.
- Pour la création d’un million d’emplois, pour sortir les jeunes de la précarité et révolutionner la France.
- Pour l’autonomie des étudiantes et des étudiants.
Le 2 novembre, dans les lycées, les universités et les CFA. Le 5 novembre, en grève et en manifestation partout en France. Notre avenir se gagnera par le rapport de force !