Solidarité avec le peuple Kurde et le Rojava

Depuis début janvier, le régime islamiste  d’al-Charaa en Syrie, appuyé par le gouvernement turc et des milices islamistes multiplient les offensives et les crimes contre les Kurdes. Dernièrement, une offensive militaire contre les autorités autonomes du Rojava a plongé la région dans une nouvelle crise humanitaire. Malgré un cessez-le-feu et 11 ans après la victoire héroïque du YPG à Kobané face à l’offensive de l’Etat Islamique, le projet d’un Kurdistan autonome est menacé de définitivement disparaître. 

Derrière ces attaques, l’ambition du nouveau régime est d’asseoir son projet d’une République arabe syrienne centralisée, islamiste et antidémocratique. Ce projet passe par l’anéantissement de l’Administration autonome démocratique du Nord et de l’Est de la Syrie et de ses acquis révolutionnaires uniques au Moyen-Orient : droits politiques et syndicaux, auto‑administration, égalité de genre et pluralisme ethnique. Autrefois soutenus par les Etats occidentaux, dont la France, dans la lutte contre l’EI, les Kurdes de Syrie sont aujourd’hui abandonnés à leur sort. L’Union Européenne engage une aide de 620 millions d’euros à la Syrie d’al-Charaa et les gouvernements européens restent silencieux sur la situation au Rojava. Les Etats-Unis d’Amérique, eux, voient dans la fin de la question kurde un moyen de stabiliser leurs relations avec la Turquie qui appuie directement l’offensive. 

En conséquence, la situation humanitaire est catastrophique : des centaines de milliers de civils déplacés, des centaines de morts, des villes entières privées de ressources vitales et menacées de nettoyage ethnique. La fin du Rojava signe la préservation des intérêts impérialistes et la disparition du seul contre-modèle démocratique, progressiste et émancipateur du Moyen-Orient. En outre, ces attaques marquent le retour sanglant de l’EI avec la libération de milliers de djihadistes. 

Le MJCF réaffirme son soutien indéfectible au peuple kurde, en première ligne face aux offensives djihadistes, et à la défense des acquis révolutionnaires du Rojava. Il dénonce l’inaction et la responsabilité politique du gouvernement français, qui refuse de reconnaître l’autonomie du Rojava et de prendre les mesures nécessaires pour protéger les populations, et appelle à une mobilisation internationale pour la défense de la révolution et de la dignité humaine.