Visite d’Emmanuel Macron en Syrie : la France à la remorque de Washington

Les 6 et 7 juillet, Emmanuel Macron s’est rendu à Damas. Il s’agit de la première visite d’un chef d’État occidental en Syrie depuis la chute de Bachar Al-Assad.

En décembre 2024, la coalition islamiste menée par Hayat Tahrir Al-Cham renversait le régime de Bachar Al-Assad, au terme de quatorze années d’une guerre qui a dévasté le pays. Son chef, Ahmed Al-Charaa, fondateur de la branche syrienne d’Al-Qaïda, s’est depuis installé à la tête d’un « pouvoir de transition » adoubé par Washington, que les capitales européennes se sont empressées de reconnaître.

La reconstruction du pays, estimée à plusieurs centaines de milliards d’euros, aiguise tous les appétits. C’est dans ce contexte qu’Emmanuel Macron, accompagné d’une délégation de dirigeants de grandes entreprises françaises, est venu offrir à ce régime la légitimité d’une visite d’État.

Ce nouveau régime syrien, que la diplomatie d’Emmanuel Macron présente comme fréquentable, a pourtant laissé massacrer les alaouites en mars 2025, réprimé les Druzes de Soueida et écrasé les Kurdes, principaux artisans de la lutte contre Daech.

Pendant ce temps, l’Iran subit les sanctions, l’isolement et les bombardements. Cette diplomatie à géométrie variable révèle que la nature islamiste d’un régime n’a jamais pesé aux yeux de Paris et de Washington. Le bon islamiste commande huit Airbus, ouvre ses champs gaziers à Total et ses hôtels à Accor. Il réserve son pétrole aux compagnies américaines ConocoPhillips et Novaterra Energy, négocie sous l’égide de l’ambassadeur des États-Unis et se rend au sommet de l’OTAN pour y rencontrer Donald Trump. Le mauvais islamiste, lui, nationalise ses hydrocarbures et refuse la tutelle de Washington.

Cette visite illustre une nouvelle fois l’alignement de la diplomatie française sur les priorités américaines. C’est la levée des sanctions décidée par l’administration Trump qui a rouvert le marché syrien, dans lequel la France ne s’insère qu’à la remorque des États-Unis.

Ce déplacement est effectué en marge du sommet de l’OTAN à Ankara, où le président syrien rencontrera Donald Trump. Il confirme, encore une fois, le renoncement de la France à toute politique étrangère indépendante et sa soumission aux orientations atlantiques.

Le MJCF affirme le droit du peuple syrien, dans toutes ses composantes, à décider souverainement de son avenir, sans tutelle étrangère.

Le MJCF appelle à rompre avec cette diplomatie d’alignement qui fait de la France un simple vassal de l’ordre américain au Proche-Orient.